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Prévoir le déplacement des pollutions marines accidentelles à Météo-France

Le rôle de Météo-France dans le dispositif Polmar

Les responsabilités de chaque intervenant en cas d’accident maritime majeur sont définies dans les instructions interministérielles du 2 avril 2001, et du 4 mars 2002.

Dans le cadre de l'Instruction du 4 mars 2002 relative à la lutte contre la pollution du milieu marin (documentation nationale POLMAR), applicable en métropole et dans les départements d'outre-mer, Météo-France est chargé mettre en oeuvre, en relation avec le CEDRE, des prévisions de dérive de polluants et fournir l'expertise humaine nécessaire à leur interprétation.

Dès 1996, le CEDRE et Météo-France ont mis en place une collaboration technique formalisée par une convention cadre. Cela permet au Cedre de disposer dans les plus brefs délais des prévisions météorologiques sur la zone touchée et des cartes de dérive de nappes d'hydrocarbures et de conteneurs. En retour, le Cedre, par ses expérimentations et interventions sur pollutions réelles, contribue à l’amélioration et à la validation du modèle.

Le modèle MOTHY

Les prévisions de dérive sont réalisées avec le système MOTHY (Modèle Océanique de Transport d'HYdrocarbures). MOTHY est un modèle double, constitué d'un modèle d'océan, développé pour représenter le mieux possible le courant de surface, et d'un modèle de nappe ou d'objet. Il fonctionne dans le monde entier, et peut être mis en oeuvre immédiatement, 24 heures sur 24, par le prévisionniste marine du Centre National de Prévision de Météo-France, situé à Toulouse.

Actuellement, le système est activé plus de 600 fois par an pour des cas réels de dérives de nappes d'hydrocarbures ou d'objets flottants. Son emploi pour l'assistance aux naufragés est en pleine croissance. Le soutien météo-océanique en cas d'accident maritime apporté par Météo-France couvre, conformément aux missions d'Etat de l'établissement et aux engagements internationaux de la France, une grande partie des mers du globe: un quart des demandes, par exemple, émane des DOM/TOM.

La qualité de la prévision de dérive dépend directement de la qualité des prévisions de vent utilisées. De ce point de vue, Météo-France est équipé au mieux :

  • modèle à maille très fine ALADIN couvrant toutes les côtes de France
  • modèle ARPEGE à maille variable, centré sur la France, pour les prévisions sur les mers européennes, hors du domaine Aladin
  • modèle ARPEGE Tropique: version d'ARPEGE optimisée pour la prévision entre 30° nord et 30° sud.
  • modèle ALADIN Réunion couvrant une grande partie de la zone de responsabilité du CMRS de la Réunion. Sa résolution est de l'ordre de 10 kilomètres.
  • modèle IFS du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT) pour les prévisions outre-mer ou pour les prévisions à moyenne échéance.

Le modèle MOTHY intègre les courants analysés et prévus par les systèmes d'océanographie opérationnelle MERCATOR et MFS. Ces systèmes calculent les principales variables océaniques, à savoir la température, la salinité et la vitesse du courant. Ils assimilent les données en provenance des satellites altimétriques (mesures de la hauteur de mer), et des données in-situ comme la température de surface de la mer et les profils verticaux de température et de salinité mesurées en mer. Rappelons que l'assimilation des données mesurées dans les modèles d'océan est une composante incontournable des systèmes opérationnels de prévision océanique. Elle permet d'ajuster de façon régulière les résultats du modèle, qui s'éloignent inévitablement de la réalité, et de rendre ainsi plus réaliste dans le temps l'état simulé de l'océan. Des analyses et des prévisions à 2 semaines sont disponibles chaque semaine.

Depuis mars 1998, une version permet de prévoir également la dérive des objets flottants. Les conteneurs dérivant en mer constituent un réel danger pour la navigation. Les autorités maritimes souhaitent donc être en mesure de signaler leur position aux navigateurs ou de les récupérer. En cas de perte de conteneurs, le calcul de la trajectoire de la dérive permet de localiser la zone de danger pour la navigation maritime et de recherche des conteneurs perdus. Les conteneurs ne représentent plus maintenant qu'une faible partie des demandes de dérives d'objet. La principale utilisation concerne l'assistance aux naufragés et les dérives d'homme à la mer ou de radeaux. Ce sont les CROSS (Centres Régionaux Opérationnels de Surveillance et de Sauvetage) de la Direction des Affaires Maritimes qui sont les principaux utilisateurs de ces prévisions de dérive.

Exemples

Prestige, 2002: fuel lourd

Erika, 1999: fuel lourd

Objets flottants

La plupart des conteneurs que perd un navire coulent aussitôt, mais certains peuvent flotter. Ils constituent alors un danger pour la navigation. Ils peuvent aussi s'échouer plus tard sur un littoral lointain.

Certains conteneurs contiennent des produits toxiques ou polluant.

Le système est aussi utilisé pour des opérations de recherche et sauvetage.

  • Lors de la mini-transat, en 1999, le voilier Navifax Direct se retourne.

Autres exemples

Le rôle de Météo-France dans le S.I.U.P.M.

Le S.I.U.P.M. (Service d'Intervention d’Urgence en cas de Pollution de la Mer) est un système mis en place par l'O.M.M. (Organisation Météorologique Mondiale). C'est un système destiné à fournir des informations météorologiques et océanographiques pour des interventions d'urgence en cas de pollution de la mer hors des eaux territoriales. Les océans et les mers sont divisés en zones de responsabilité, elles correspondent aux zones METAERAS du système mondial de détresse et de sécurité en mer (S.M.D.S.M.) Sur chacune de ces zones, l'assistance météorologique est coordonnée par un coordonateur météorologique de zone qui est un service météorologique national.

  • Météo-France a accepté d'être coordonnateur météorologique de zone pour les zones II et III (A), et d’être service d'appui aux coordonnateurs météorologiques des zones I, III (B), VII (B) et VIII (C).

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Dernière révision: 2 février 2009